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Hype Not Hype

2010mar.14

En ce jour...

Jean Ferrat a toujours été pour moi un héritage. De la culture de mes parents, à l'écouter inlassablement et au même titre que ses comparses Ferré, Brel ou Brassens. La longue dame brune aussi. Et ce disque noir où il met en musique et parole les poèmes de son ami Aragon. D'une fougue militante avérée et indéfectible à cette emphase qu'il mettait dans ses interprétations les plus kitch, il a su rester terrien autant qu'on peut l'être et honteusement indémodable car jamais vraiment à la mode.

Il nous a quitté, hier.

Alors, j'ai mis en scène son disque sur ma platine pour faire tourner une fois encore sa voix chaude et tonitruante.

Ecouter en ce jour ses espoirs d'un jour, un jour...

2010janv. 8

Diplopie

Mes nuits sont plus belles que vos jours. Quand je m'évade. Quand je conjugue mal. Yesterday, je serai heureux ! Quand je perds la notion du temps, de l'espace et des priorités. Inconscience. Ou l'histoire d'une escapade artificielle chamarrée de mille icônes aux couleurs éclatantes. Hallucinant.

Well I remember yesterday
Just drifting slowly through a crowded street
With neon darkness shimmering through the haze
A sea of faces rippling in the heat
And from that nameless changing crowd
A sweet vibration seemed to fill the air
I stood astounded staring hard
At men with flowers resting in their hair...

debutart_oliver-hibert_202.jpg

Il est des transitions, parmi tant d'autres, qui marquent de leur sceau l'instant perçu mais insaisissable. De celles dont on ne comprend pas bien la chronologie, où la confusion règne en maître. L'avant, l'après. Pendant. Se souvenir, c'est déjà pas mal. Lacune bien terrible que de ne jamais garder la moindre empreinte éthérée des rêves qui la nuit tombée nous assaillent. Trépas mémoriel ou pas, la réalité tape fort autant qu'elle s'oublie vite quand plongé dans son absence cotonneuse on s'adonne au futile et à l'agréable. Wake up!

A sweet confusion filled my mind
Until I woke up only finding everything was just a dream
A dream unusual of its kind
That gave me peace and blew my mind
And now I'm hung up on a dream...

Est-ce cela qu'on appelle Weltschmerz : Weltschmerz (from the German, meaning world-pain or world-weariness) is a term coined by the German author Jean Paul and denotes the kind of feeling experienced by someone who understands that physical reality can never satisfy the demands of the mind.. Ou l'improbable cohabitation d'une réalité forcenée et d'un monde de rêves.

They spoke with soft persuading words
About a living creed of gentle love
And turned the arm to sounds unheard
And showed me strangest clouded sights above
Which gentle touched my aching mind
And soothed the wanderings of my troubled brain
Sometimes I think I'll never find
Such purity and peace of mind again...

Et si voir double était une vertu, une chance ?

Illustration par Olivier Hibert

2007nov.19

Utopie 12'

Faire face à nos désillusions. S'en rappeler, croire encore en ces rêves qu'on aimerait toucher du doigt, qui parfois nous échappent. Souvent. Pas simple à vrai dire. Ces derniers temps, on entend parler de rupture, d'âge de la modernité dans lequel il était grand temps de plonger la France, ce pays qu'aucun de nos voisins n'imiteraient mais qui a la prétention d'être un grand à la table des (futurs) géants. Pourquoi pas. On serait presque tenté de signer sans trop y regarder, en écoutant la bonne parole. Ah, tiens, mon oreillette me souffle que ça serait déjà trop tard, ON a signé. Too bad...

Chuck Mangione - Land Of Make Believe

Bon, à y regarder de près, rien de très bandant. L'emballage façon paquet cadeau (je n'ai pas dis fiscal, non non !) a belle allure mais à part ça on est surtout assourdi par la vacuité d'un projet sans autre ambition que de rentrer dans le rang d'une compétition mondiale perdue d'avance. C'est d'un triste.

Alors puisque certains se permettent de nous bassiner avec de bonnes vielles recettes idéologiques de droite moi je vous propose un titre sublime d'utopie pas si concrète mais à l'orchestration magistrale. Land Of Make Believe, tout un programme mis en musique par Chuck Mangione et accompagné de la majestueuse voix d'Esther Saddlefield.

Douze minutes de finesse dans un monde de brute !